Le train des vacances

Au coté du mécanicien, le chauffeur, hercule au bras de suie, Nourrissait le brasier qui dévorait la nuit. Chaque pelletée d’or noir jetée au ventre ardent Faisait hurler la vapeur, monter le monstre à cran. Dans le reflet rougeaud du foyer grand ouvert, Son visage de cendre affrontait cet enfer.

Dans le souffle brûlant de la bête d’acier,
S’écrit le noir poème aux pages du passé.
Ils étaient les seigneurs de l'ombre et du charbon,
Compagnons du panache et maîtres du typhon.

Le mécanicien, l'œil rivé sur le rail,
Gouvernait la tempête au cœur du grand travail.
D’un geste sûr et calme, agrippé au levier,
Il domptait la fureur du monstre de fer-blanc,
Sentant vibrer en lui, comme un second sang,
Le pouls de la machine et son pas régulier.

Huile sur toile

100 x 73 cm

1100

300